Le plus impressionnant à Avignon,

Les spectacles ?
Nope, c’est juste qu’on en voit plus souvent que d’hab’
Et qu’ils viennent de plus loin

La ville d’Avignon en elle-même ? Le vent ? Les remparts ?
Pas rapport à St-Malo ou Dinan, rien que pour citer deux villes fortifiées
en Bretagne,
Désolé, elle tient pas la comparaison.

La gastronomie ? L’hébergement ? Les salles de spectacle ? Les conditions de
représentation ?
Passons vite, on veut vexer personne ici.

Nan,
Le plus impressionnant
Ce qui fait le plus halluciner
C’est la pub.

Les affiches par milliers, les tracts plein les mains,
Mais par-dessus tout,
Le mal que se donnent les comédiens.

Déjà qu’ils jouent tous les soirs
Qu’ils font du Wachi-Wacha (enfin des relations publiques, quoi) partout,
Et en plus…

Ils jouent des bouts de spectacle dans la rue,
Ils font des parades,
Ils viennent tracter directement,
Ils passent la journée à faire des efforts immenses
Juste pour remplir le soir,
Faire leur métier.
Chapeau.

Fondu au noir. Petit air de Jazz. La couverture d’un livre apparait.

Yves Citton parle d’écologie de l’attention.
Et il s’y connait.
Nous, on connait tous l’écologie.
Grosso mondo : en politique une lutte nécessaire contre un capitalisme sans
limite et ses conséquences qui sont la destruction sans limite des
ressources naturelles.
(Tiens, ya deux fois « sans limite » dans la phrase, c’est peut-être bien
lié.)
Ou aussi :
Un certain mode de vie pour ne pas vivre dans une décharge à ciel ouvert.
Parce que la terre est un circuit fermé, de base…
OK,

L’écologie de l’attention ?

De quoi qu’il s’agit que ce pourrait bien être ce dont on cause ?
Des pubs sur papier recyclé ?
Des enseignes bien dégueus qui se repeignent en vert ? (Ronald, la semaine
dernière c’était ton cousin Donald qui était à l’honneur, cette semaine
c’est la tienne…)

Pas du tout

L’écologie de l’attention,
C’est mettre des limites à nos sollicitations
Ne pas laisser n’importe qui
N’importe quand
N’importe où
Prendre notre attention. Tout simplement.

Re-fondu au noir. Petit air de bossa.

C’est quoi le rapport entre le festival d’Avignon, et l’écologie de
l’attention ?
À première vue aucun.
Quand on est à Avignon, ça fait partie du jeu d’être bombardé de
sollicitations,
Limite on est venu pour ça.
Et c’est pour ça qu’on reste cool avec les comédiens même au bout de 40 fois
dans la journée.
Et heureusement. Avec tout le mal qu’il se donnent, manquerait plus qu’on
les envoie balader…

Mais la question est :
J’hésite à laisser un ou deux interlignes,
Histoire de faire grimper M. Suspens

Bon, j’en ai laissé trois, finalement.
La question est :
Est-ce qu’on a envie d’avoir le festival d’Avignon dans notre poche ?
À la maison
Au boulot
Dans les transports.

Est-ce qu’on a envie d’être sollicité par n’importe qui ?
N’importe quand
N’importe où
Leur laisser prendre notre attention
Même sous la couette.

C’est pas pour rien qu’Yves Citton dit que notre capacité d’attention est
limitée.
Qu’il parle de ressource rare et qu’il y a une économie de l’attention qui
existe,
Qui fait tout pour s’emparer de notre temps de Focus
Et qui dit économie,
Et par conséquent les risques d’un pillage sans limite,
Dit écologie nécessaire.

(Tiens, deux fois limite dans le paragraphe précédent…)

Le sujet vous remue ?
Vous aimez bien le festival d’Avignon,
Mais pas 365 jours par an,
Et pas sous la couette ?
Envoyez-moi un petit mot,
(Merci au passage pour vos nombreux messages)
Je lirai tout.