Une des phrases les plus sages qui aient pu caresser ma conscience

Bonjour,

J’aime beaucoup les biais cognitifs.

Pas les subir, non.

Personne n’aime ça.
Même les plus masochistes d’entre nous préfèrent ne pas être myopes quand il s’agit de voir leur réalité.

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– Fais-moi mal, je t’en prie, fais-moi mal !

– Non…

– Oh ! Merci !

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Ne pas subir les biais cognitif, donc.
Les comprendre, plutôt.

Prenons par exemple – et non par hasard – le biais de négativité :
C’est quand on voit du négatif partout.
Ce feu tricolore est TOUJOURS rouge.
La queue à côté au supermarché est TOUJOURS plus rapide que la mienne.
Ma file d’attente au péage est TOUJOURS la plus lente.
Les exemples de ces chroniques sont TOUJOURS trop longs !
On a compris, d’accord.

Ce biais de négativité était bien utile, il y a 400 000 ans,
Quand il y avait des éléphants à Nice, par exemple,
Et qu’il fallait se souvenir des désastres qui étaient causés par les bêtes, forcément sauvages, à l’époque,
Pour le pauvre Homo Heidelbergensis qui s’était établi là et qui finissait par faire une fixette sur le moindre barrissement lointain.
Plutôt enclin à être obsédé par les pachydermes que par le parfum des Hélichryses.
Ce biais de négativité était nécessaire pour notre survie, mais à présent, il est plutôt inutile.

Pourtant, nous continuons à nous concentrer sur ce qui est mauvais, néfaste.
Dommage. Parce que se focaliser sur du moche ou sur du beau dans ce monde prend la même énergie, mais…

N’aboutit pas au même résultat.

Je ne fais pas ici de positivisme béni-oui-oui.
« Life is a package* » a dit Patti Smith.
(Nous devons de temps en temps goûter l’amer qui fait partie d’un grand tout (traduction trèèèès libre)).
*Une des phrases les plus sages qui aient pu caresser ma conscience.

Un autre biais qu’il est bon de connaître est le biais de supériorité illusoire.
Par exemple, sur la route, 6% des personnes s’estiment pas toujours bons conducteurs et 90 % des autres conducteurs sont jugés « irresponsables » « dangereux » « stressés » et « agressifs » (étude Fondation Vinci 2016).

Ça alors !

L’enfer serait-il vraiment les autres ?
Et nous, petits diablotins, nous trouverions-nous ainsi là à cause d’une erreur judiciaire ?

Le grand avantage des biais cognitifs c’est que quand on en a pris conscience et qu’on les connaît,
On peut travailler dessus.

Moins facile que d’apprendre le kung-fu comme Keanu Reeves dans Matrix,
Ou que de demander à un bébé de se tenir calme pendant qu’on lui change la couche (archipleine évidemment sinon c’est pas drôle),
Mais beaucoup plus adapté à la vie réelle.

Pourquoi je vous parle des biais cognitifs ?

Pour vous culpabiliser ?
Non.
Pas vraiment envie que vous cliquiez tout en bas pour vous désabonner.

Pour vous dire qu’on est tous coupables ?
Non plus.

Peut-être juste pour vous dire,
Encore une fois,
D’une autre manière,
Parce que de toute façon,
Avec mes phrases courtes,
Je raconte toujours la même chose.

Que nous sommes tous dans un même bateau.
Avec les mêmes machines à sous dans la poche,
Prêtes à nous gaver de mini-récompenses au parfum Dopamine.

Et que ce biais cognitif, même s’il n’a pas encore de nom.
« Tout-le-monde-passe-trop-de-temps-sur-son-portable-mais-moi-t’inquiètes-je-gère »
Bein ça serait pas plus mal de l’apprivoiser.

Parce que pour passer des Armes de Distractions Passives,
Aux Outils de Créations Actives,

Pour plonger moins de temps la nuque penchée,
Sur une douce lumière bleue,
Il y a encore du boulot,
Pour nous tous.

Au loin, un barrissement,
À gauche et à droite, des files qui avancent.

Tout va bien.

On les aura.
Nous serons plus forts que leurs pixels,
Que leurs interfaces qui ressemblent à des paquets de bonbons.

J’y crois.

Au plaisir de croiser nos regards et à vendredi,
Merci de m’avoir lu,
Nicolas

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